Biram Dah Abeid
Dans le dernier État au monde à avoir aboli l'esclavage, il traîne les affaires en justice et force les juges à les nommer.
L'ascension
Né le 12 janvier 1965 au Trarza, haratine et fils d'un esclave affranchi, il est greffier de tribunal de 1986 à 2001 et consacre à l'esclavage son mémoire d'histoire à Cheikh Anta Diop, à Dakar. Il milite au sein de l'ONG SOS-Esclaves, puis fonde en 2008 l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste.
Ce qu'ils ont fait
L'IRA repère les familles asservies, dépose les plaintes que les avocats locaux évitent et les porte devant les cours spéciales antiesclavagistes — dans un État qui a aboli l'esclavage en 1981, l'a criminalisé en 2007 et en a fait un crime contre l'humanité en 2015. Prix des droits de l'homme de l'ONU en 2013, TIME 100 en 2017, il arrive deuxième aux présidentielles de 2014, 2019 et 2024.
Le tableau complet
Emprisonné trois fois et poursuivi pour incitation, il a lui-même fourni une arme à l'État en brûlant des textes du droit malikite en 2012, ce qui a permis de présenter l'IRA comme antiislamique. Son immunité a été levée en février 2024 sur une plainte en diffamation, et ses rivaux lisent ses coalitions successives comme de l'arithmétique électorale.
Pourquoi c'est important
Cette collection traite presque partout l'esclavage comme de l'histoire. Il oblige un État qui compte 32 personnes asservies pour mille à en répondre devant ses tribunaux, et fait de la caste qu'il ne compte pas sa deuxième force politique.
“L'Union africaine et ses différentes institutions restent malheureusement quasi silencieuses et acquises à ce système d'apartheid implanté en Afrique de l'Ouest, à savoir le système mauritanien qui érige l'oppression de personnes d'ascendance africaine, l'esclavage et le racisme anti-noir en système de gouvernement.”