Gebisa Ejeta
Il a relevé le plafond de rendement d'une céréale qui nourrit des centaines de millions de personnes, puis il en a donné la semence.
L'ascension
Né au village de Wollonkomi de parents oromos, Ejeta marchait vingt kilomètres chaque dimanche jusqu'à l'école la plus proche, où il logeait la semaine. Il a étudié dans l'établissement devenu l'université d'Haramaya avant de préparer un doctorat à Purdue, où il a fait carrière comme sélectionneur de sorgho.
Ce qu'ils ont fait
Au Soudan, dans les années 1980, il met au point le premier sorgho hybride commercial d'Afrique tolérant à la sécheresse. Il identifie ensuite le signal chimique par lequel les racines du sorgho réveillent le striga, une plante parasite, et sélectionne des lignées qui restent muettes. Dès 1994, la semence gagne une douzaine de pays infestés, avec des rendements jusqu'à quatre fois supérieurs aux variétés locales, même en année sèche. Il reçoit le World Food Prize en 2009.
Le tableau complet
Défenseur public constant des biotechnologies et des cultures génétiquement modifiées en Afrique, il s'oppose aux militants de la souveraineté semencière, dont l'Éthiopien Tewolde Berhan Gebre Egziabher. Sa carrière s'est construite presque entièrement au sein d'une université publique américaine, ce qui affaiblit l'idée que le résultat serait né des systèmes de recherche africains.
Pourquoi c'est important
Le prix n'est pas l'essentiel : le choix l'est. Il a exigé que les variétés circulent en semences libres par les services de vulgarisation africains plutôt que sous licence, une décision sur la propriété du progrès agricole.
“Nous devons renforcer les capacités humaines et institutionnelles des nations africaines pour aider les populations à se nourrir elles-mêmes.”