Gaston Monnerville
Pendant vingt et un ans, le deuxième personnage de l'État français a été un Noir de Cayenne.
L'ascension
Né à Cayenne le 2 janvier 1897, petit-fils d'esclaves, il fait son droit à Toulouse, prête serment à vingt et un ans et se fait un nom au procès de Nantes de 1931 en défendant les partisans guyanais de Jean Galmot. Député de la Guyane à partir de 1932, il est sous-secrétaire d'État aux Colonies en 1937-1938.
Ce qu'ils ont fait
Il proteste contre l'armistice de 1940, rejoint le réseau Combat, défend au barreau de Marseille les prisonniers politiques et raciaux de Vichy, puis combat dans le maquis d'Auvergne sous le nom de commandant Saint-Just. Élu président du Conseil de la République en 1947 puis du Sénat en 1959, il tient la chambre haute vingt et un ans — deuxième rang de l'État — et siège au Conseil constitutionnel de 1974 à 1983.
Le tableau complet
Il défend l'assimilation républicaine et soutient la loi de 1946 faisant des vieilles colonies des départements français, que les autonomistes antillais et guyanais liront comme le colonialisme rebaptisé. Les électeurs guyanais l'écartent en novembre 1946, notamment pour sa volonté de fermer le bagne ; il entre à la chambre haute par nomination.
Pourquoi c'est important
Aucun Afrodescendant n'a occupé de fonction plus élevée dans la République française, et il s'en est servi pour dire à un de Gaulle victorieux, en séance, qu'il prenait un droit qu'il n'avait pas.
“Non, monsieur le Président de la République, vous n'avez pas le droit. Vous le prenez.”