Gilberto Gil
La dictature l'a emprisonné puis mis dans un avion pour Londres ; il est revenu diriger la culture du pays.
L'ascension
Né le 26 juin 1942 à Salvador de Bahia, élevé en partie à Ituaçu dans le sertão, il joue de l'accordéon jusqu'à ce que les disques de João Gilberto le tournent vers la guitare, puis passe un diplôme de gestion à Salvador. Avec Caetano Veloso, il lance le tropicalisme en 1967, mêlant bossa-nova, rock électrique et rythmes afro-bahianais.
Ce qu'ils ont fait
Le tropicalisme fait des censeurs un public ; le 27 décembre 1968, quelques semaines après l'Acte institutionnel n° 5, Gil est arrêté, détenu trois mois, assigné à résidence quatre de plus, puis libéré à condition de partir. Il écrit à Londres jusqu'en 1972. Ministre de la Culture de Lula de janvier 2003 à juillet 2008, il bâtit le réseau des Pontos de Cultura et place le travail du ministère sous licences Creative Commons.
Le tableau complet
Au ministère, on lui reproche de longues absences dues aux tournées et un budget qui n'a jamais suivi les programmes ; son expérience élue avant 2003 se résumait à un mandat partiellement accompli de conseiller municipal de Salvador pour les Verts, depuis 1988. Les incitations fiscales Rouanet dont il hérite concentraient l'argent sur l'axe Rio-São Paulo.
Pourquoi c'est important
Il est cet artiste rare qui a converti son autorité culturelle en politique publique réelle : les Pontos de Cultura ont été copiés dans toute l'Amérique latine, et le Brésil fut le premier État à placer le travail de son ministère sous licences libres.
“Il n'appartient pas à l'État de faire la culture, mais de créer les conditions d'un accès universel aux biens symboliques.”