Isabel dos Santos
Forbes en a fait la première femme milliardaire d'Afrique ; l'Angola en fait une prévenue.
L'ascension
Née à Bakou le 20 avril 1973 du futur président angolais José Eduardo dos Santos et de sa première épouse russe, elle sort ingénieure du King's College de Londres. À partir de 2000, elle accumule des participations dans l'opérateur mobile Unitel, dans la Banco BIC, dans le groupe de médias ZON et, via Exem, la structure de son mari, dans Galp Energia.
Ce qu'ils ont fait
Son père la nomme à la présidence de la compagnie pétrolière d'État Sonangol en juin 2016 ; son successeur João Lourenço l'en écarte en novembre 2017. Le 19 janvier 2020, l'ICIJ publie les Luanda Leaks, 715 000 documents qui détaillent comment l'ensemble a été bâti par contrats de gré à gré et sociétés écrans. L'Angola l'inculpe en janvier 2024 de douze infractions pour quelque 219 millions de dollars de pertes alléguées.
Le tableau complet
Elle n'a jamais été condamnée au pénal. En novembre 2025, une juridiction angolaise abandonne quatre chefs et en renvoie sept au fond ; des recours sont pendants. Une notice rouge d'Interpol court depuis décembre 2022, et des tribunaux à Londres, au Portugal et à Chypre ont gelé des avoirs. Londres l'a sanctionnée en 2024. Elle vit à Dubaï et parle de persécution.
Pourquoi c'est important
Une collection qui ne montrerait que de belles réussites serait de la propagande. Son cas est le mieux documenté du continent sur la conversion de la proximité du pouvoir en fortune privée, et sur les banques et cabinets occidentaux qui l'ont permise.
“Mes participations sont commerciales. Il n'y a là aucun produit de contrats ou de marchés publics, ni d'argent détourné de fonds publics.”