Michaëlle Jean
Une enfant réfugiée de l'Haïti des Duvalier a fini par sanctionner les lois du Canada.
L'ascension
Née à Port-au-Prince le 6 septembre 1957, elle arrive au Québec en 1968 avec sa mère et sa sœur, fuyant la dictature des Duvalier. Elle étudie la littérature comparée à Montréal puis en Italie, travaille auprès de maisons d'hébergement pour femmes battues, et mène à partir de 1988 une carrière de journaliste et d'animatrice à Radio-Canada.
Ce qu'ils ont fait
Installée le 27 septembre 2005 comme 27e gouverneure générale du Canada, première personne noire à ce poste : représentante de la Couronne et commandante en chef des forces armées. L'UNESCO la nomme envoyée spéciale pour Haïti après le séisme de 2010, et elle dirige l'Organisation internationale de la Francophonie de janvier 2015 à la fin de 2018 — première femme et première personne des Amériques à ce poste.
Le tableau complet
Le 4 décembre 2008, elle accorde à Stephen Harper la prorogation du Parlement, épargnant un vote de confiance à un gouvernement minoritaire — décision que les constitutionnalistes discutent encore. En 2018, la presse révèle des dépenses de l'OIF, dont une rénovation de 500 000 euros de la résidence parisienne, qu'elle conteste ; elle perd sa réélection à Erevan en octobre.
Pourquoi c'est important
D'une enfant fuyant une dictature à la personne qui sanctionne les lois d'un pays du G7, puis à la tête d'une institution internationale : peu de trajectoires de la diaspora parcourent toute la distance.
“Il est fini le temps des « deux solitudes » qui a trop longtemps défini notre approche de ce pays.”