Milton Santos
Treize ans d'exil, puis la plus haute récompense de la géographie pour une théorie de l'espace pensée au Sud.
L'ascension
Né le 3 mai 1926 à Brotas de Macaúbas, dans l'arrière-pays bahianais, de deux instituteurs. Il enseigne la géographie au secondaire à Ilhéus et écrit dans le journal A Tarde tout en faisant son droit à l'Université fédérale de Bahia, diplômé en 1948, puis soutient à Strasbourg en 1958 une thèse sur le centre de Salvador.
Ce qu'ils ont fait
Arrêté après le coup d'État de 1964, il part pour la France en décembre et reste treize ans dehors, enseignant à Toulouse, Bordeaux, la Sorbonne, Toronto, au MIT, à Columbia et à Dar es Salaam. En 1994 vient le prix Vautrin-Lud, plus haute distinction de la géographie, sa seule attribution à un Latino-Américain. A Natureza do Espaço (1996) et Por Uma Outra Globalização (2000) lisent la mondialisation par en bas.
Le tableau complet
Son retour de 1977 se fait sur un poste d'invité à l'Université fédérale de Rio, non sur une chaire ; il ne devient professeur titulaire à l'Université de São Paulo qu'en 1984, à cinquante-huit ans. Rien ne lui est reproché. Certains géographes lisent ses derniers livres comme des essais philosophiques plutôt que des recherches, et ses concepts comme peu applicables.
Pourquoi c'est important
Il a fixé les termes d'une discipline scientifique mondiale depuis le Sud au lieu de les emprunter, et il l'a fait après que son propre pays lui eut pris treize ans de sa vie.
“Le problème central est de reprendre le cours de l'histoire, c'est-à-dire de remettre l'homme à sa place centrale.”