Moussa Faki Mahamat
Huit ans à la tête de l'institution politique du continent : une pandémie, un marché unique et une série de coups d'État.
L'ascension
Né le 21 juin 1960 à Biltine, dans l'est du Tchad, et formé au droit, il gravit les échelons de l'État d'Idriss Déby : Premier ministre de juin 2003 à février 2005, puis ministre des Affaires étrangères de 2008 à 2017, conduisant la diplomatie tchadienne pendant les débordements du Darfour et les guerres du Sahel.
Ce qu'ils ont fait
Élu président de la Commission de l'Union africaine le 30 janvier 2017, il accomplit deux mandats jusqu'en mars 2025, où le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf lui succède. La Zone de libre-échange continentale africaine démarre ses échanges en janvier 2021 ; Africa CDC devient l'instrument de la riposte continentale à la pandémie ; et l'UA obtient un siège permanent au G20 en septembre 2023. Il est envoyé spécial du Pacte 4P depuis juin 2025.
Le tableau complet
L'Union africaine qu'il a dirigée a suspendu le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Niger, le Soudan et le Gabon après leurs coups d'État sans rien y changer, et est restée quasi muette sur la guerre du Tigré et sur la succession dynastique dans son pays après la mort d'Idriss Déby en 2021. À son départ, l'essentiel du budget-programme venait encore de bailleurs extérieurs.
Pourquoi c'est important
Il a dirigé huit ans la principale institution politique du continent et lui a laissé un marché unique, une agence sanitaire et un siège au G20 — puis a dit en partant ce qu'elle ne savait toujours pas faire seule.
“Une organisation indépendante et gardienne de notre liberté et de notre souveraineté ne saurait se construire par les financements d'autrui.”