Louise Mushikiwabo
Elle dirige la diplomatie francophone pour un pays qui enseigne à ses enfants en anglais.
L'ascension
Née le 22 mai 1961 à Kigali, elle part aux États-Unis et y travaille des années comme traductrice et interprète. Son frère Landouald Ndasingwa, homme politique tutsi d'opposition, est tué avec son épouse canadienne le premier jour du génocide de 1994 ; elle lui consacre en 2006 le livre « Rwanda Means the Universe ».
Ce qu'ils ont fait
Ministre de l'Information en 2008, elle devient ministre des Affaires étrangères en 2009 et le reste jusqu'en 2018, plus longue durée dans ce poste depuis le génocide. Soutenue par Kigali et par Emmanuel Macron, elle est élue secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie au sommet d'Erevan en octobre 2018, prend ses fonctions en janvier 2019 et est réélue à Djerba en novembre 2022.
Le tableau complet
Des organisations de droits humains se sont opposées à son élection, y voyant une caution au bilan rwandais en matière de libertés ; l'OIF est restée discrète sur ce bilan comme sur le rôle de Kigali dans l'est de la RDC. Elle est l'une des quatre candidats au mandat 2027-2030, tranché à Phnom Penh le 16 novembre 2026 ; une autre est la Congolaise Juliana Lumumba.
Pourquoi c'est important
Elle a pris une institution francophone en tant que ministre d'un pays qui venait de faire passer ses écoles à l'anglais, et a transformé ce paradoxe en revendication : le français est un bien africain, pas un bien français.
“La Francophonie n'est pas la Françafrique et la Francophonie n'est pas la France.”