Navi Pillay
L'apartheid lui fermait le cabinet d'un juge ; elle a fini par écrire le droit sur le viol comme arme de guerre.
L'ascension
Née Navanethem Naidoo à Durban le 23 septembre 1941, fille d'un chauffeur de bus, elle obtient son diplôme de droit à Natal en 1965, mais aucun cabinet ne veut d'une femme noire en stage. En 1967, elle ouvre le sien, première femme noire du Natal à le faire, et obtient pour les prisonniers de Robben Island l'accès à un avocat. Harvard lui décerne un doctorat en 1988.
Ce qu'ils ont fait
En 1995, Mandela la nomme à la Haute Cour, première femme non blanche à y siéger, et l'ONU l'élit au tribunal pour le Rwanda. Elle siège dans l'affaire Akayesu, dont le jugement de 1998 fait pour la première fois du viol un acte de génocide, préside le tribunal de 1999 à 2003, puis siège à la chambre d'appel de la CPI (2003-2008). De 2008 à 2014, elle est Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.
Le tableau complet
Colombo l'accuse de partialité sur le Sri Lanka en 2013 ; d'autres lui reprochent sa lenteur sur le Sri Lanka et la Syrie. Dès 2021, elle préside l'enquête de l'ONU sur le Territoire palestinien occupé et Israël, qu'Israël et les États-Unis jugent partisane ; elle rejette l'accusation et, en juillet 2025, démissionne avec effet au 3 novembre, invoquant son âge et sa santé.
Pourquoi c'est important
Une femme que l'apartheid tenait hors de la profession a siégé sur le banc qui a fait du viol un crime de génocide — la plus grande avancée dans la poursuite des violences sexuelles en temps de guerre.
“Le viol avait toujours été considéré comme l'un des butins de la guerre. C'est désormais un crime de guerre, et non plus un trophée.”