Nawal El Moutawakel
Cinquante-quatre secondes à Los Angeles — puis trente ans au CIO à convertir cette minute en règles.
L'ascension
Née à Casablanca le 15 avril 1962, poussée par un père mort quelques mois avant son année olympique, elle obtient une bourse pour l'université d'État de l'Iowa et remporte le titre NCAA du 400 m haies en 1984. Elle arrive à Los Angeles en août sans étiquette, dans une épreuve que les femmes n'avaient jamais eu le droit de courir aux Jeux.
Ce qu'ils ont fait
Le 8 août 1984, elle remporte le premier 400 m haies olympique féminin en 54 s 61, première femme d'Afrique, du monde arabe et d'un pays musulman à décrocher l'or olympique ; le roi Hassan II ordonne que toute fille née ce jour-là soit prénommée Nawal. Elle fonde la course féminine de Casablanca en 1993, entre au CIO en 1998, préside les commissions d'évaluation des Jeux de 2012 et 2016, et en est vice-présidente.
Le tableau complet
Ses décennies au CIO couvrent les pires années d'attribution de l'institution : elle a dirigé la commission qui recommanda Rio 2016, vote ensuite rattrapé par des enquêtes françaises et brésiliennes pour corruption, dont les Jeux ont dépassé les coûts prévus. Ministre de la Jeunesse et des Sports de 2007 à 2009, dans un gouvernement critiqué sur les libertés publiques.
Pourquoi c'est important
Une course lui a donné un prénom que portent encore toutes les Marocaines nées ce jour-là. Elle a passé les trente années suivantes au sein du comité qui gouverne les Jeux, à inscrire la place des femmes dans les textes plutôt que dans les mémoires.
“Cinquante-quatre secondes, voilà ce qu'il m'a fallu pour traduire mon rêve en réalité, changeant ma vie et celle de tant de jeunes femmes de mon pays.”