Joseph Bologne, Chevalier de Saint-Georges
Réputé la plus fine lame de France, et le colonel qui y leva le premier corps d'hommes de couleur.
L'ascension
Né à Baillif, en Guadeloupe, le 25 décembre 1745, de Nanon, une esclave, et du colon Georges Bologne, qui le reconnaît et l'installe en France, il est mis en pension à treize ans chez le maître d'armes La Boëssière et domine dès quinze ans les plus forts tireurs. Il apprend le violon en parallèle, proche du compositeur Gossec.
Ce qu'ils ont fait
Il dirige le Concert des Amateurs puis la Loge Olympique, l'orchestre qui commande à Haydn ses six symphonies parisiennes, et écrit quatuors, concertos pour violon et opéras-comiques. Pressenti en 1776 pour diriger l'Opéra de Paris, il en est écarté quand ses chanteuses vedettes adressent à la reine un placet refusant d'être « soumises aux ordres d'un mulâtre ». Un décret du 6 décembre 1792 le fait colonel de la Légion franche des Américains.
Le tableau complet
Il sert une cour financée par les colonies esclavagistes et ne prend aucune position abolitionniste avant 1789. Seule la première compagnie de la légion était entièrement composée d'hommes de couleur. Emprisonné de septembre 1793 jusqu'après Thermidor, il ne retrouve aucun commandement. D'Éon le bat à Londres en 1787 ; l'étiquette de « Mozart noir » est très postérieure.
Pourquoi c'est important
Il a tenu les deux arènes que l'Ancien Régime gardait le plus jalousement, l'épée et la salle de concert, puis levé et commandé des hommes de couleur en armes pour la République — avant d'être redécouvert deux fois.