Tsitsi Dangarembga
Elle a écrit le livre qui a nommé ce que l'école coloniale faisait aux filles, puis a porté une pancarte à Harare.
L'ascension
Née le 4 février 1959 à Mutoko, envoyée enfant en Angleterre puis revenue à six ans, elle étudie la médecine à Cambridge, l'abandonne et rentre à Harare faire de la psychologie. Elle écrit des pièces pour une troupe étudiante faute de voir monter le travail d'une femme noire, et publie Nervous Conditions en 1988, à vingt-neuf ans.
Ce qu'ils ont fait
Nervous Conditions est le premier roman en anglais publié par une Zimbabwéenne noire ; sa narratrice Tambu rend lisible à toute une génération le prix d'une éducation coloniale. This Mournable Body clôt la trilogie, finaliste du Booker en 2020. Elle réalise Everyone's Child en 1996 et fonde à Harare le festival du film de femmes. Arrêtée en juillet 2020, pancarte à la main, elle reçoit le prix PEN Pinter en 2021.
Le tableau complet
Un tribunal de Harare la condamne en septembre 2022 pour incitation à la violence publique à cause de la pancarte, amende et prison avec sursis ; la Haute Cour annule la condamnation le 8 mai 2023 et l'acquitte. La ZANU-PF lit ses prix étrangers comme la preuve d'un parrainage extérieur, et les financements de cinéma lui restent fermés au pays.
Pourquoi c'est important
Elle a écrit le livre que les lecteurs africains se passent encore, puis, passé la soixantaine, a descendu une rue de Harare avec une pancarte et encaissé les poursuites qui ont suivi : l'argument et l'acte dans une seule vie.
“Citoyens debout, nous sommes l'espoir qu'un jour plus juste se lève pour tous au Zimbabwe.”