Vera Songwe
Elle a fait des griefs africains sur la dette et le climat des chiffres auxquels les pays riches doivent maintenant répondre.
L'ascension
Née en 1968 à Nairobi de parents camerounais originaires de Bamendakwe, elle étudie l'économie et la politique au Michigan et obtient un doctorat d'économie mathématique à Louvain. Entrée à la Banque mondiale en 1998, elle travaille sur le Maroc, la Tunisie et l'Asie de l'Est, dirige son bureau du Sénégal, puis dès 2015 la SFI en Afrique de l'Ouest et du Centre.
Ce qu'ils ont fait
Nommée en avril 2017 à la tête de la Commission économique pour l'Afrique, première femme à le faire, elle plaide pour réallouer à l'Afrique des DTS et lance à la COP26 le Liquidity and Sustainability Facility pour abaisser le coût de la dette africaine. Avec Nicholas Stern, elle codirige le panel dont le rapport de 2022 chiffre les besoins d'investissement climatique des pays en développement, Chine à part, à 2 400 milliards de dollars par an.
Le tableau complet
Elle quitte la CEA le 1er septembre 2022, après cinq ans, sur de simples remerciements au personnel ; ni elle ni l'ONU ne donnent de motif, et un intérimaire est nommé. Les militants de la dette reprochent au Liquidity and Sustainability Facility qu'elle préside d'offrir de la liquidité plutôt qu'un allègement ; il repose sur le marché des eurobonds dont elle dénonce le prix.
Pourquoi c'est important
Elle a fait passer le débat sur la dette africaine et la finance climatique du grief à l'arithmétique, et a posé sur la table des chiffres auxquels les négociateurs des pays riches doivent désormais répondre.
“En 2025, la soutenabilité de la dette souveraine a surtout été affaire de chance.”