Emir Abdelkader
Le lettré-guerrier qui a combattu la France pendant quinze ans, puis a sauvé des milliers de chrétiens à Damas.
Non évalué — n'a jamais exercé le pouvoir exécutif. Notre méthode →
L'ascension
Né en 1808 près de Mascara dans une famille de lettrés soufis, Abdelkader connaît le Coran par cœur et monte à cheval en cavalier accompli avant vingt-cinq ans. Quand la France envahit le pays en 1830, les tribus de l'Ouest algérien l'élisent émir en 1832, et il bâtit un État là où il n'y en avait pas : armée régulière, impôt, tribunaux, villes fortifiées.
Ce qu'ils ont fait
Il contraint l'armée française à un traité en 1837, puis mène une guerre mobile dans l'intérieur jusqu'à ce que la terre brûlée de Bugeaud et la défection du Maroc le forcent à se rendre le 22 décembre 1847. En juillet 1860, exilé à Damas, il abrite avec ses fils des milliers de chrétiens menacés de massacre, ce qui lui vaut la Légion d'honneur et des présents d'Abraham Lincoln.
Le tableau complet
La France trahit sa promesse de libre passage et le garde prisonnier jusqu'à sa libération par Napoléon III en 1852 ; il accepte ensuite une pension française et ne reprend jamais les armes. Les nationalistes algériens l'admireront, mais sa loyauté envers la France en exil et ses éloges de Napoléon III cadrent mal avec la légende anticoloniale.
Pourquoi c'est important
Abdelkader montre que la résistance et la miséricorde peuvent relever d'une même discipline : un homme qui a combattu une armée coloniale sans haine et défendu la foi de ses anciens ennemis par principe.
“Ce que nous avons fait pour les chrétiens, nous l'avons fait pour être fidèles à la loi de l'islam et par respect des droits de l'humanité.”