Ali Soilih
Le révolutionnaire de 38 ans qui brûla les archives coloniales et donna le droit de vote aux enfants de quatorze ans.
Scorecard KemetLeads
Notre méthode →Installé par un coup d'État appuyé par des mercenaires en 1975 et confirmé par un référendum serré en 1977 ; a gouverné par conseil révolutionnaire et milices d'adolescents ; renversé en 1978 et abattu quelques semaines plus tard.
P = percentile parmi les autres pays africains sur les mêmes années. Lignes 1–4 : évolution du pays pendant le mandat — un indice, pas une preuve.
Notre lecture
Vingt-huit mois, aucune fenêtre mesurable. Ce qui est documenté — milices adolescentes, archives brûlées, un coup d'État et une balle — explique le 0,6 de la grille de conduite.
Le pouvoir 1975–1978
Renversé et tué après 28 mois ; aucune limite constitutionnelle en vigueur.
Sources : Archigos 4.1 (Goemans, Gleditsch & Chiozza) · coups d'État Powell & Thyne V2026.08.29 · conduite face aux limites de mandats codée par KemetLeads
L'ascension
Né à Majunga, à Madagascar, de parents comoriens, Soilih se forme comme agronome en France et siège dans les gouvernements d'avant l'indépendance. Le 3 août 1975, moins d'un mois après la proclamation unilatérale d'indépendance d'Ahmed Abdallah, il prend le pouvoir par un coup d'État mené avec le mercenaire Bob Denard, et devient président en janvier 1976.
Ce qu'ils ont fait
Il lance une révolution culturelle d'inspiration maoïste : abolition du ruineux « grand mariage », mise au pas des anciens et des notables religieux, autodafé des archives de l'administration, pouvoir transféré aux communes villageoises, droit de vote à quatorze ans et milice de jeunes, les Moissy, lâchée sur le pays. Il voulait des Comores autosuffisantes, laïques, modernes, libérées de la tutelle française.
Le tableau complet
Les Moissy terrorisent la population, l'économie s'effondre quand la France coupe son aide, et son mépris de l'islam heurte une société pieuse. Le 13 mai 1978, Denard revient avec cinquante mercenaires le renverser pour le compte d'Abdallah ; Soilih est abattu le 29 mai, officiellement en tentant de s'évader. Sa révolution laisse les îles plus pauvres et plus divisées.
Pourquoi c'est important
Soilih est le Sankara des Comores : une mise en garde contre le radicalisme impatient, et pourtant le seul dirigeant à avoir tenté de briser d'un même geste l'emprise de la tradition et la dépendance extérieure. Les débats sur le grand mariage, la jeunesse et la souveraineté traversent encore son expérience brève et violente.
“Chaque fois qu'un pays arrache son indépendance de façon révolutionnaire, cette indépendance ne repose pas sur des bases traditionnelles et coutumières.”