James Baldwin
Le beau-fils d'un prédicateur de Harlem qui dit à l'Amérique sa vérité depuis un village de France.
L'ascension
Aîné de neuf enfants dans un foyer de Harlem dominé par un beau-père amer, Baldwin est prédicateur pentecôtiste adolescent avant de perdre la foi et de découvrir Richard Wright. En 1948, avec 40 dollars en poche, il part pour Paris fuir un pays qu'il craint mortel, et y écrit La Conversion (1953) puis La Chambre de Giovanni (1956), une histoire d'amour entre hommes que son éditeur lui conseilla de brûler.
Ce qu'ils ont fait
Chroniques d'un enfant du pays (1955) et La Prochaine Fois, le feu (1963) font de lui l'essayiste le plus pénétrant du mouvement et lui valent la une de Time ; il marche à Selma, affronte William F. Buckley en débat à Cambridge en 1965 et rencontre Robert Kennedy pour exiger des actes. Son dossier au FBI compte près de 1 900 pages.
Le tableau complet
Eldridge Cleaver l'attaqua comme un homosexuel se haïssant lui-même, les jeunes radicaux balayèrent ses espoirs intégrationnistes, et ses derniers romans furent jugés très inférieurs à ses essais. Il lutta contre l'alcool, le désespoir suicidaire après les assassinats des années 1960 et le sentiment d'avoir été exilé à la fois par son pays et, parfois, par son propre mouvement.
Pourquoi c'est important
L'insistance de Baldwin à dire que le racisme est un problème blanc, et que l'amour et la lucidité sont des actes politiques, a fait de lui l'écrivain américain le plus cité de l'ère Black Lives Matter.
“Tout ce qui est affronté ne peut pas être changé ; mais rien ne peut être changé tant que ce n'est pas affronté.”