Félix Éboué
Le Guyanais, petit-fils d'esclaves, qui offrit à de Gaulle son premier territoire.
Non évalué — n'a jamais exercé le pouvoir exécutif. Notre méthode →
L'ascension
Né à Cayenne en 1884 dans une famille descendant d'Africains réduits en esclavage, Éboué obtient une bourse pour Bordeaux et entre dans l'administration coloniale en 1909, passant vingt ans en Oubangui-Chari. Il devient secrétaire général de la Martinique, gouverneur de la Guadeloupe en 1936 – premier Noir à gouverner une colonie française – puis gouverneur du Tchad en 1938.
Ce qu'ils ont fait
Le 26 août 1940, quelques semaines après la capitulation, Éboué rallie le Tchad à la France libre, premier territoire à le faire, et entraîne le reste de l'AEF ; les campagnes sahariennes de Leclerc partent de son sol. Gouverneur général à Brazzaville, il rédige une « nouvelle politique indigène » respectueuse des chefs et des coutumes africaines qui inspire la conférence de Brazzaville de 1944.
Le tableau complet
Serviteur loyal de l'empire, il n'était pas anticolonialiste : sa politique visait à mieux faire fonctionner la domination française, le travail forcé et le code de l'indigénat subsistèrent sous son autorité, et la conférence de Brazzaville exclut explicitement toute autonomie. Il meurt au Caire en mai 1944 et entre au Panthéon en 1949, premier Noir à y être inhumé.
Pourquoi c'est important
Éboué est le haut fonctionnaire impérial le plus décisif qu'ait produit la diaspora : un Noir dont la décision a redessiné la carte de la Seconde Guerre mondiale en Afrique, et dont le credo du « jouer le jeu », mérite et refus du racisme, parle encore à la jeunesse guyanaise, antillaise et africaine.
“Jouer le jeu, c'est piétiner les préjugés, tous les préjugés, et apprendre à baser l'échelle des valeurs uniquement sur les critères de l'esprit.”