Nawal El Saadawi
La médecin égyptienne qui fit de la médecine un militantisme, nommant la violence faite au corps et à l'esprit des femmes quand presque personne dans le monde arabe ne l'osait.
L'ascension
Formée comme médecin et psychiatre, elle puise dans ce qu'elle observe dans les dispensaires ruraux et dans sa propre expérience d'enfant excisée pour écrire La Femme et le sexe (1972), ce qui lui coûte un poste officiel mais la révèle comme la voix féministe la plus intrépide du monde arabe.
Ce qu'ils ont fait
Elle écrit plus de cinquante livres, dont le roman majeur Ferdaous et La Face cachée d'Ève, fonde l'Association de solidarité des femmes arabes et combat sans relâche les mutilations génitales et l'autorité religieuse patriarcale.
Le tableau complet
Emprisonnée sous Sadate en 1981, elle reste une figure clivante : ses attaques frontales contre la religion et le voile lui aliènent de nombreuses féministes musulmanes, et ses détracteurs, de tous bords, la jugent belliqueuse, encline à se mythifier et parfois réductrice sur l'islam.
Pourquoi c'est important
Elle a placé le corps féminin au cœur du débat politique arabe et montré que le féminisme de la région n'avait pas à être emprunté à l'Occident — ce qui la rend indispensable pour comprendre le genre, la dissidence et le courage dans la pensée africaine et arabe moderne.
“"Ils ont dit : 'Tu es une femme sauvage et dangereuse.' Je dis la vérité. Et la vérité est sauvage et dangereuse."”