Frantz Fanon
Le psychiatre qui diagnostiqua le colonialisme lui-même comme la maladie.
L'ascension
Né à Fort-de-France, Fanon combat pour la France libre en 1944, puis étudie la médecine et la psychiatrie à Lyon, où le racisme rencontré dans la rue devient la matière première de Peau noire, masques blancs (1952). Nommé à l'hôpital de Blida-Joinville, en Algérie, en 1953, il soigne tortionnaires et torturés alors que la guerre d'indépendance s'engage.
Ce qu'ils ont fait
Il démissionne en 1956, rejoint le FLN, dirige son journal El Moudjahid à Tunis et représente le gouvernement provisoire algérien au Ghana. Rattrapé par la leucémie, il dicte Les Damnés de la Terre (1961), l'anatomie la plus influente de la décolonisation, préfacée par Jean-Paul Sartre et saisie par la police française dès sa parution.
Le tableau complet
Sa défense de la violence révolutionnaire comme « force purificatrice » a été lue tantôt comme prophétie, tantôt comme blanc-seing, et son rejet de la négritude comme ses thèses sur la paysannerie lui ont valu les critiques des marxistes et des africanistes. Il ne vit jamais l'indépendance de l'Algérie : il meurt à 36 ans dans un hôpital du Maryland, soigné grâce à la CIA, et est enterré en Algérie sous son nom de guerre.
Pourquoi c'est important
Fanon a fourni le vocabulaire avec lequel les mouvements de libération, d'Alger à Soweto en passant par les Black Panthers, ont nommé leur condition ; son intuition que le colonialisme blesse l'esprit autant que la carte reste au cœur des études postcoloniales, de la psychiatrie et du militantisme.
“Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.”