Fatima al-Fihri
La fille de marchand à qui l'on attribue la plus ancienne université encore en activité.
L'ascension
Née à Kairouan, dans l'actuelle Tunisie, vers 800, Fatima émigre avec sa famille à Fès, sous la dynastie idrisside, où son père Muhammad al-Fihri prospère dans le négoce. À sa mort, elle et sa sœur Maryam héritent de sa fortune et, selon la tradition, décident de la consacrer à des œuvres pour la communauté des émigrés kairouanais.
Ce qu'ils ont fait
En 859, elle dote la mosquée al-Qarawiyyin, achetant le terrain, y faisant extraire la pierre et jeûnant, dit-on, jusqu'à l'achèvement des travaux ; on attribue à Maryam la mosquée des Andalous, de l'autre côté de l'oued. Al-Qarawiyyin devient un foyer de savoir associé à Ibn Khaldoun, à Maïmonide et, par légende, au futur pape Sylvestre II, et délivre encore des diplômes aujourd'hui.
Le tableau complet
Presque tout ce que l'on sait d'elle vient d'Ibn Abi Zar', qui écrit cinq siècles plus tard, et les historiens doutent du récit trop bien ordonné des deux sœurs et des deux mosquées ; une inscription de fondation crédite l'émir idrisside Dawud en 877. L'« université » médiévale était une école de mosquée, et l'institution moderne délivrant des diplômes date de 1963. Elle est une fondatrice dont la légende déborde les preuves.
Pourquoi c'est important
Quoi qu'en dise l'archéologie, al-Fihri est devenue l'emblème du mécénat des femmes musulmanes en faveur du savoir, et la prétention d'al-Qarawiyyin au titre de plus ancienne université en activité fait de Fès un jalon de l'histoire mondiale de l'éducation. Son histoire pose la question de qui l'on retient comme fondateur, et pourquoi.