Ibn Battuta
Le juriste de Tanger qui parcourut quelque 120 000 kilomètres un siècle et demi avant Colomb.
L'ascension
Né à Tanger en 1304 dans une famille de juges musulmans, Ibn Battuta quitte sa maison à 21 ans pour le pèlerinage de La Mecque, seul et à dos d'âne. Le voyage durera près de trente ans : il se promet de ne jamais emprunter deux fois la même route et transforme un hajj en tour de tout le monde musulman, et au-delà.
Ce qu'ils ont fait
Il traverse l'Afrique du Nord, l'Arabie, la Perse, la côte swahilie, l'Anatolie, la Horde d'Or, l'Inde, où il sert des années comme juge du sultan de Delhi, les Maldives, Ceylan, l'Asie du Sud-Est et la Chine, puis al-Andalus et l'empire du Mali en 1352-1353. Dictée à Ibn Juzayy en 1355, sa Rihla est le récit de première main le plus riche sur le monde du XIVe siècle.
Le tableau complet
Les historiens doutent qu'il ait atteint la Chine ou les Bulgares de la Volga ; des passages de la Rihla empruntent à des voyageurs antérieurs, et Ibn Juzayy en a poli la prose. Il possédait et vendait des esclaves, se maria et divorça à répétition en chemin, et jugea durement les mœurs des Maliens. Son regard sur Kilwa, Mogadiscio et le Mali reste pourtant un témoignage irremplaçable sur les villes africaines médiévales.
Pourquoi c'est important
Ibn Battuta est le Marocain qui a prouvé que l'Afrique avait produit le plus grand voyageur du monde médiéval, et ses pages sur le Mali et la côte swahilie comptent parmi les seules fenêtres écrites sur ces sociétés à leur apogée. Il incarne un monde afro-asiatique interconnecté, antérieur à l'ère européenne des explorations.
“Poussé par une impulsion irrésistible et par le désir longtemps nourri de visiter ces glorieux sanctuaires, je résolus de quitter tous mes amis et de m'arracher à mon foyer.”