Idris Alooma
Le roi du Sahara qui acheta des mousquets aux Ottomans et régna sur le plus grand État entre le Nil et le Niger.
L'ascension
Issu de la dynastie des Sefouwa, l'une des plus longues lignées royales d'Afrique, Idris monte sur le trône du Bornou vers 1570, après des années de troubles dynastiques. Son grand imam, Ahmad ibn Fartuwa, relate les douze premières années de son règne, ce qui fait de lui le souverain le mieux documenté d'un empire millénaire.
Ce qu'ils ont fait
Il refond son armée avec des mousquetaires formés par des instructeurs turcs et une cavalerie de dromadaires, reconquiert le Kanem à l'est du lac Tchad, élève des forteresses et sécurise les routes transsahariennes. Il échange des ambassades avec le sultan ottoman et le Marocain Ahmad al-Mansour, et instaure des tribunaux de cadis et le droit islamique, donnant au Bornou une portée et un ordre administratif inédits.
Le tableau complet
Ses guerres étaient aussi des razzias : les captifs alimentaient le commerce saharien qui payait les armes, et la « pacification » des Sao et d'autres peuples signifiait villages incendiés et récoltes détruites. La chronique qui le flatte fut commandée par lui, et jusqu'aux dates de son règne et de sa mort restent incertaines, le consensus la situant aujourd'hui vers 1603.
Pourquoi c'est important
Idris montre un État africain s'appropriant la poudre, la diplomatie et le droit à ses propres conditions, des générations avant que les Européens n'atteignent l'intérieur du Sahel. Pour le Tchad, le Nigeria, le Niger et le Cameroun, le Bornou est un héritage commun et le rappel que le Sahara fut une route, non un mur.