Denis Mukwege
Le chirurgien qui a réparé ce que la guerre faisait aux femmes, puis a désigné les responsables au monde entier.
L'ascension
Né à Bukavu en 1955, Mukwege se forme à la médecine au Burundi puis en France et revient diriger l'hôpital de Lemera, envahi en 1996 pendant la première guerre du Congo, ses patients massacrés. En 1999, il fonde l'hôpital de Panzi à Bukavu ; sa première patiente avait été violée, puis touchée par balles aux cuisses et aux organes génitaux.
Ce qu'ils ont fait
Panzi a depuis soigné des dizaines de milliers de survivantes de violences sexuelles, et Mukwege est devenu le principal témoin du viol comme arme de guerre dans l'est du Congo. Il réchappe à une tentative d'assassinat en octobre 2012, partage le Nobel de la paix 2018 avec Nadia Murad et réclame un tribunal international pour les crimes recensés par le rapport Mapping de l'ONU en 2010.
Le tableau complet
Sa candidature à la présidentielle de 2023 recueille à peine 40 000 voix et une sixième place, preuve que l'autorité morale ne pèse guère dans le jeu politique de Kinshasa. Il vit sous protection de l'ONU, ses appels à la justice lui valent des menaces de mort venues de plusieurs capitales, et les violences qu'il soigne se sont aggravées plutôt qu'éteintes.
Pourquoi c'est important
Mukwege incarne une forme rare de leadership : nommer les puissants, y compris son propre gouvernement et ses voisins, depuis une salle d'hôpital plutôt qu'une tribune.
“Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, ce sont aussi ceux qui choisissent de détourner le regard.”