Omar Mukhtar
Le maître coranique qui a mené une guérilla du désert contre l'Italie fasciste jusqu'à plus de soixante-dix ans, et fut pendu devant 20 000 prisonniers.
Non évalué — n'a jamais exercé le pouvoir exécutif. Notre méthode →
L'ascension
Né en 1858 près de Tobrouk, Mukhtar est un enseignant senoussi qui dirige des écoles de zaouïa dans le Djebel Akhdar et a déjà combattu l'invasion italienne de 1911. Quand le régime de Mussolini déchire ses accords avec les Senoussis en 1923, l'homme de soixante-cinq ans prend la tête de la résistance en Cyrénaïque.
Ce qu'ils ont fait
Pendant huit ans, ses quelques centaines de cavaliers tendent des embuscades, se dispersent et déjouent une armée moderne, immobilisant des dizaines de milliers de soldats italiens. Il refuse les offres d'exil et de pension, et seule la campagne de Graziani en 1931 — camps de concentration, barrière de barbelés à la frontière, exécutions de masse — parvient à couper ses ravitaillements.
Le tableau complet
Blessé et capturé le 11 septembre 1931, il est jugé en une journée et pendu à Soluch le 16 septembre devant les détenus rassemblés. La résistance s'effondre avec lui ; près de 100 000 Cyrénaïques ont été parqués dans des camps où des dizaines de milliers meurent. Son image sera plus tard récupérée par Kadhafi, et une bonne part de sa légende populaire vient d'un film de 1981.
Pourquoi c'est important
Mukhtar est le modèle de l'aîné qui ne s'efface pas : un homme de savoir qui a choisi le combat le plus dur sur le tard et fait payer à l'Italie coloniale un prix moral dont elle ne s'est jamais relevée.
“Je ne me suis jamais soumis au gouvernement italien : je n'ai eu que des conversations avec lui.”