Prince Louis Rwagasore
Le prince qui remporta l'indépendance par un raz-de-marée et fut abattu moins de deux semaines plus tard.
Non évalué — mandat de moins de trois mois — non évaluable. Notre méthode →
L'ascension
Fils aîné du mwami Mwambutsa IV, Rwagasore étudie en Belgique et rentre en 1956 pour organiser des coopératives puis, dès 1958, l'Union pour le progrès national (UPRONA). Les autorités belges, méfiantes envers son nationalisme, tentent de l'écarter ; il répond par une campagne sur l'unité, épouse une Hutu par-delà la ligne ethnique et forge un véritable parti de masse.
Ce qu'ils ont fait
Le 18 septembre 1961, l'UPRONA remporte 58 des 64 sièges aux législatives et Rwagasore devient Premier ministre, chargé de mener le Burundi à l'indépendance. Il prêche une nation « ni hutu ni tutsi » et une politique panafricaine, sans tribalisme. Le 13 octobre 1961, il est assassiné dans un hôtel de Bujumbura par un tueur grec engagé par des dirigeants du PDC rival.
Le tableau complet
Il n'a gouverné que quinze jours : son bilan tient de la promesse plus que de la preuve, et l'ampleur de la complicité belge dans son meurtre divise encore les historiens. Sa mort a emporté la seule figure en qui les deux communautés avaient confiance ; l'indépendance de juillet 1962 a ouvert sur des décennies de coups d'État et de massacres que sa vision unitaire n'a jamais pu conjurer.
Pourquoi c'est important
Rwagasore incarne la voie que les Grands Lacs n'ont pas prise : un dirigeant qui vit dans la politique ethnique un piège colonial bien avant qu'elle ne devienne génocidaire. Le Burundi commémore encore sa mort par une fête nationale, et son nom revient chaque fois que le pays tente de se penser comme un seul peuple.
“Jamais nous ne dirons au peuple : élisez ce Tutsi parce qu'il est tutsi, ou élisez ce Hutu parce qu'il est hutu !”