Ousmane Sembène
Le docker autodidacte qui bâtit le cinéma africain à partir de rien et l'appela l'école du soir du peuple.
L'ascension
Né en 1923 à Ziguinchor, Sembène fut pêcheur, maçon puis docker, mobilisé dans les forces coloniales françaises durant la Seconde Guerre mondiale, et apprit seul à lire et à écrire avant de publier son premier roman, « Le Docker noir », en 1956.
Ce qu'ils ont fait
Se tournant vers le cinéma passé la trentaine, parce que l'essentiel de son public ne savait pas lire, il réalise « La Noire de… » en 1966, considéré comme le premier grand film d'un cinéaste d'Afrique subsaharienne, puis « Mandabi » en 1968, premier film africain tourné dans une langue africaine, le wolof.
Le tableau complet
Ses critiques sans concession du colonialisme, des élites africaines corrompues et de l'orthodoxie islamique dans des films comme « Xala » et « Ceddo » lui valent des batailles de censure avec les autorités françaises comme sénégalaises, et il peine pendant des décennies à trouver financement et distribution hors d'Europe.
Pourquoi c'est important
Sembène a exigé que les histoires africaines soient racontées par des Africains dans des langues africaines, et son œuvre reste la référence fondatrice pour tous les cinéastes du continent venus après lui.
“Le cinéma est l'école du soir du peuple.”