Tewolde Berhan Gebre Egziabher
Il a tenu ensemble une coalition de pays pauvres à la table de négociation, et fait changer le texte d'un traité mondial.
L'ascension
Né à Adwa, botaniste formé à l'université d'Addis-Abeba puis au pays de Galles, Tewolde a enseigné la biologie à Addis-Abeba, dirigé le projet Flore d'Éthiopie, présidé l'université d'Asmara, puis pris la tête de l'Agence éthiopienne de protection de l'environnement à partir de 1995.
Ce qu'ils ont fait
Tout au long des années 1990, il a formé un corps de négociateurs africains aguerris et porté la voix du Groupe des pays en développement partageant les mêmes vues dans les pourparlers qui ont abouti, en janvier 2000, au protocole de Cartagena sur la biosécurité, arrachant la clause de précaution qui régit encore le commerce des organismes vivants modifiés. Il a aussi guidé la loi modèle africaine sur les droits des communautés, des agriculteurs et des obtenteurs.
Le tableau complet
Son opposition absolue aux cultures génétiquement modifiées et aux brevets sur les variétés végétales a été contestée par des agronomes africains, pour qui elle a freiné l'adoption de variétés tolérantes à la sécheresse sur un continent affamé. Il a par ailleurs servi de longues années au sein d'un gouvernement de l'EPRDF dont il a rarement critiqué publiquement le bilan en matière de déplacements de populations et de grands barrages.
Pourquoi c'est important
Il fait partie des rares Africains à avoir modifié le texte d'un traité, par la coalition et par le refus de signer. C'est une démonstration concrète de la façon dont le rapport de force africain fonctionne réellement dans les enceintes multilatérales.
“Nous avons progressé dans l'affirmation des droits de nos communautés locales à l'échelle mondiale. Nous continuerons de le faire.”