Ruben Um Nyobè
Le nationaliste qui a porté trois fois la cause du Cameroun à l'ONU, et fut traqué dans la forêt pour cela.
Non évalué — n'a jamais exercé le pouvoir exécutif. Notre méthode →
L'ascension
Né en 1913 près de Boumnyebel, en pays bassa, Um Nyobè, formé à l'école presbytérienne, commis d'administration et syndicaliste, devient secrétaire général de l'Union des populations du Cameroun quelques mois après sa fondation en avril 1948. Son programme est simple et, pour Paris, intolérable : indépendance immédiate et réunification des Cameroun français et britannique.
Ce qu'ils ont fait
Il plaide cette cause devant le Conseil de tutelle et l'Assemblée générale de l'ONU en 1952, 1953 et 1954, premier nationaliste africain à s'exprimer directement à New York. Quand la France dissout l'UPC en juin 1955 après des émeutes meurtrières, il entre en clandestinité dans les forêts de la Sanaga-Maritime et dirige un maquis, sans cesser d'écrire en faveur d'une voie négociée et pacifique.
Le tableau complet
Le 13 septembre 1958, des soldats français l'abattent près de Boumnyebel, traînent son corps dans la boue et l'enterrent dans le béton, sans cérémonie. La guerre que sa mort n'a pas arrêtée fait des dizaines de milliers de morts ; le Cameroun indépendant d'Ahidjo interdit jusqu'à son nom avant 1991, et l'UPC qu'il a bâtie se fragmente en factions rivales.
Pourquoi c'est important
Um Nyobè incarne la décolonisation que la France préfère oublier : légaliste, éloquente, internationaliste, à laquelle on a répondu par une balle ; un rappel que l'indépendance formelle et la libération n'ont jamais été la même chose.