Félix Tshisekedi
Le fils du plus célèbre opposant congolais, parvenu à la présidence lors de la première passation pacifique du pouvoir du pays — sur fond de scrutin contesté.
Scorecard KemetLeads
Notre méthode →Une élection 2019 contestée et des velléités de révision constitutionnelle tempèrent un bilan d'ouverture relative.
P = percentile parmi les autres pays africains sur les mêmes années. Lignes 1–4 : évolution du pays pendant le mandat — un indice, pas une preuve.
Notre lecture
Une présidence née d'un décompte contesté, qui flirte désormais avec la révision constitutionnelle — les deux critères les plus faibles de sa grille sont ceux qui décideront de la suite pour le Congo.
Le pouvoir 2019–
Limite de deux mandats en vigueur ; second mandat depuis 2024, révision constitutionnelle en débat.
Sources : Archigos 4.1 (Goemans, Gleditsch & Chiozza) · coups d'État Powell & Thyne V2026.08.29 · conduite face aux limites de mandats codée par KemetLeads
L'ascension
Fils de la figure historique de l'opposition Étienne Tshisekedi, il passe des décennies en exil en Belgique avant de prendre la tête du parti de son père, l'UDPS. Il est déclaré vainqueur de l'élection de décembre 2018 face au successeur désigné de Joseph Kabila.
Ce qu'ils ont fait
Son investiture en janvier 2019 marque la première passation pacifique du pouvoir de l'histoire du Congo. Il rompt ensuite avec Kabila pour bâtir sa propre coalition, instaure la gratuité de l'enseignement primaire et remporte un second mandat en 2023.
Le tableau complet
De nombreux observateurs, dont l'influente Église catholique et son rival Martin Fayulu, ont estimé que le résultat de 2018 ne reflétait pas le vote réel, évoquant un accord en coulisses avec Kabila. Son mandat reste plombé par l'insécurité persistante dans l'est, où le conflit du M23 s'est nettement aggravé.
Pourquoi c'est important
Il incarne à la fois la promesse et les limites de la transition démocratique dans un géant fragile : une passation pacifique qui fut peut-être aussi une passation arrangée, et l'immense difficulté de gouverner un État vaste, meurtri par la guerre et riche en ressources.
“"Le Congo que nous voulons est un Congo de paix, un Congo réconcilié avec lui-même."”
Dans le Brief
Lumumba disait que l'histoire parlerait — au Congo cette semaine, deux hommes ont saisi la plume
Le 13 octobre, Joseph Kabila — président de 2001 à 2019, condamné à mort par contumace pour trahison par un tribunal militaire en 2025 — a lancé le Front pour la refondation de la nation (FRN) lors d'une conférence de presse à Goma, ville aux mains des rebelles, prenant la tête d'une coalition qui inclut le M23 soutenu par le Rwanda, avec Corneille Nangaa, de l'AFC, parmi ses adjoints (Al Jazeera, 13 octobre).
Le Maroc vote mercredi — quatre échéances cette semaine, aucune ne peut changer un chef d'État
Le Maroc vote le 23 septembre pour les 395 sièges de la Chambre des représentants, avec 15 801 162 électeurs inscrits, 28 partis et 7 288 candidatures réparties sur 1 850 listes (Maroc.ma, portail gouvernemental, 21 septembre).
Gaz lacrymogènes à Kinshasa — le troisième mandat de Tshisekedi bute sur une clause verrouillée
La police a tiré des gaz lacrymogènes à Kinshasa le 15 septembre, jour de la rentrée parlementaire, alors que la coalition d'opposition C64 marchait sur l'Assemblée nationale contre une révision constitutionnelle qui pourrait permettre à Félix Tshisekedi de se représenter ; au moins dix personnes ont été arrêtées, et des marches ont aussi été dispersées à Lubumbashi et à Uvira (Al Jazeera, 15 septembre).